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Donald Trump illustrant la pression américaine sur le Venezuela et l’intérêt stratégique pour le Groenland et ses ressources énergétiques

Les « folies » de Donald Trump : du Venezuela au Groenland

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump multiplie les actions et propositions qui secouent l’ordre international : intervention militaire au Venezuela, capture de Nicolás Maduro, redistribution du pétrole vénézuélien, et ambitions troubles autour du Groenland. Ces développements marquent un tournant dans la diplomatie américaine et suscitent de fortes réactions en Europe, en Amérique latine et au sein des institutions internationales.

Une intervention militaire inédite au Venezuela

Au début de janvier 2026, l’administration Trump a lancé une opération militaire spectaculaire au Venezuela. Des frappes aériennes et des forces spéciales ont visé la capitale Caracas, entraînant la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, qui ont été ensuite transférés vers les États-Unis pour y faire face à des charges de narcoterrorisme et de trafic de drogue. Trump a justifié cette action comme une réponse à l’accusation selon laquelle le gouvernement Maduro dirigeait un “cartel” dangereux et constituait une menace régionale.

Le président américain a ensuite déclaré que les États-Unis prendraient temporairement la responsabilité administrative du pays “jusqu’à une transition sûre et ordonnée”, une rhétorique évoquant l’approche adoptée lors d’interventions historiques comme celle de Panama en 1989.

Cette opération constitue une rupture nette avec la doctrine américaine classique : au lieu d’une simple pression diplomatique ou de sanctions, il s’agit d’une intervention armée directe visant un État souverain. L’utilisation du terme « narcoterrorisme » et les poursuites engagées contre un chef d’État étranger sont également sans précédent à ce niveau.

Le pétrole vénézuélien au cœur de la stratégie

Peu après ces événements, Trump a annoncé que le Venezuela verserait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, soit une quantité non négligeable dans un marché mondial déjà tendu, même si ce volume ne couvre que quelques jours de consommation américaine.

L’administration prévoit également de mobiliser les grandes compagnies pétrolières américaines (Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips) pour relancer les infrastructures énergétiques vénézuéliennes, en promettant un remboursement partiel ou un partage des revenus, ce qui a provoqué une très forte réaction des marchés et une hausse symbolique des titres pétroliers.

Cette stratégie alimente une critique croissante : certains analystes y voient moins un objectif humanitaire qu’un « drilling, baby, drill » géopolitique, favorisant les intérêts économiques américains au détriment des engagements climatiques et du respect de la souveraineté nationale.

Site d’extraction de pétrole illustrant les ressources pétrolières du Venezuela et leur importance géopolitique

Image : « Pétrole vénézuélien : une ressource stratégique au cœur des tensions géopolitiques » –  Raimond Castillo – Pixabay – 23 février 2015

Le “Donroe Doctrine” : modernisation agressive d’une doctrine historique

Trump et ses alliés ont même réinventé une version modernisée de la Doctrine Monroe, terme idiotement rebaptisé par certains commentateurs en “Donroe Doctrine”, pour justifier cette politique d’intervention. Selon cette interprétation, les États-Unis doivent imposer leur domination dans l’hémisphère occidental et contrer toute influence extérieure jugée hostile, même au détriment des normes internationales et des relations avec les autres puissances mondiales.

Cette ligne dure, largement critiquée par des experts indépendants, contraste fortement avec les approches diplomatiques plus multilatérales des administrations précédentes.

Le Groenland : de la plaisanterie à une menace prise au sérieux

À peine les opérations vénézuéliennes déclenchées, Trump a remis sur la table la question du Groenland, territoire autonome danois d’importance stratégique située dans l’Arctique. Longtemps évoquée comme une boutade par Trump — il avait notamment proposé d’acheter l’île en 2019 — la question est depuis 2026 prise très au sérieux par les gouvernements européens.

Le dossier a pris une tournure alarmante lorsque la Maison-Blanche a indiqué que l’usage militaire n’était pas exclu dans l’optique d’acquérir ou d’affirmer une forme de contrôle sur le territoire, au nom des enjeux de sécurité liés à la concurrence sino-russe en Arctique.

Les dirigeants de Danemark, France, Royaume-Uni et de l’Union européenne ont condamné toute tentative d’atteinte à la souveraineté groenlandaise, rappelant que l’île appartient à son peuple et doit décider librement de son destin.

Face à ces propos, le Premier ministre groenlandais a lancé un avertissement très ferme, affirmant que « assez, c’est assez », tout en se déclarant ouvert au dialogue mais en refusant toute pression ou ingérence étrangère.

Réactions internationales : tensions transatlantiques et inquiétudes

Les récents événements ont déclenché une vive réaction diplomatique. L’opération au Venezuela a été qualifiée d’agression illégale par plusieurs gouvernements et organisations internationales, rappelant que l’usage de la force armée contre un État souverain sans mandat de l’ONU viole les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies. 

D’autre part, la mise en avant des ambitions arctiques américaines a alimenté des inquiétudes au sein de l’OTAN, où de nombreux membres redoutent que la confiance mutuelle ne soit érodée si l’alliance doit gérer des différends impliquant un partenaire aussi puissant que les États-Unis.

Quelles implications géopolitiques et énergétiques ?

Les initiatives de Donald Trump au Venezuela et ses déclarations offensives sur le Groenland ont déjà un impact mesurable sur les marchés de l’énergie, non pas tant par les volumes immédiatement concernés que par le signal de risque géopolitique accru qu’elles envoient aux marchés.

L’intervention américaine au Venezuela ravive les incertitudes autour de l’un des plus grands détenteurs de réserves pétrolières mondiales, dans un contexte où la production vénézuélienne reste fragile et sous-investie. Toute instabilité prolongée ou toute remise en cause des flux d’exportation vers certains partenaires accentue la volatilité du pétrole, avec des répercussions indirectes sur le gaz et l’électricité via les mécanismes de prix de marché. Parallèlement, les ambitions américaines sur le Groenland renforcent les tensions en Arctique, zone clé pour les futures routes énergétiques, les ressources gazières et pétrolières offshore, ainsi que pour la sécurité des infrastructures.

Pour les marchés, ces signaux s’additionnent aux crises existantes — Ukraine, Moyen-Orient, tensions Chine–Taïwan — et nourrissent une prime de risque durable intégrée dans les prix de l’énergie. Pour les entreprises européennes, cela se traduit par un environnement où les prix ne réagissent plus uniquement aux fondamentaux de l’offre et de la demande, mais de plus en plus aux annonces politiques, aux rapports de force internationaux et aux stratégies énergétiques des grandes puissances.

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